J’ai interviewé : Alvaro, l’homme derrière ILLIMANI Yarns

Avec des compositions comme 100% Alpaga Royal, 100% Bébé Llama, ou 70% Bébé Llama & 40% Soie de Mûrier, il n’est pas étonnant que les laine ILLIMANI soient superbes à travailler. S’y on ajoute à ça un prix très raisonnable et le fait que ces laines proviennent de pratiques commerciales responsables, vous serez contente de votre choix.

L’homme derrière ILLIMANI est Alvaro Echazu. Alvaro est né à La Paz en Bolivie et vit maintenant à Montréal au Canada.  Il est venu au Canada en 2000 après avoir terminé son programme universitaire.  Ce devait être une visite de 3 mois pour découvrir le pays et prendre un cours d’anglais, mais il a tellement aimé le Canada qu’il a décidé de rester.  En 2002, il est déménagé à Montréal.

Alvaro aime beaucoup cette ville et le fait que ce soit Montréal qui lui ait donné l’opportunité de se lancer en affaires. N’empêche que pendant les longs mois d’hiver, sa femme et lui se disent qu’ils feraient bien de déménager dans un endroit plus chaud… et à chaque été, ils oublient.

ILLIMANI a été fondée en 2004 avec la création d’une collection de vêtements faits à la main à partir d’alpaga, de llama et de coton pima, et en majeure partie réalisés par des artisans de Bolivie et du Pérou. Malheureusement, plusieurs des clients d’ILLIMANI étaient des boutiques luxueuses qui ont été durement frappées par le crash de l’économie américaine. Alvaro a perdu beaucoup, puis il s’est arrêté un moment.

Deux ans plus tard, ILLIMANI renaît, cette fois pour travailler avec des entreprises à but non-lucratif qui aident et supportent les artisans de Bolivie, avec un focus sur la matière première plutôt que sur le produit fini.  Quelques mois plus tard, l’alpaga royal fait son entrée à Montréal.

Alvaro, pourquoi est-il si important pour toi de travailler avec les artisans de Bolivie et du Pérou?

J’ai toujours travaillé avec de petites entreprises artisanales, principalement celles de Bolivie.  J’ai importé au Canada des vêtements, des articles décoratifs, et des instruments de musique comme des flutes des Andes.   Avec la première aventure d’ILLIMANI, j’avais la chance de pouvoir retourner souvent pour aider à développer les collections avec les artisans, tout en passant du temps avec ma famille dans la maison où j’ai grandi.

Je connais très bien ces artisans.  Ils sont probablement les plus talentueux d’Amérique du Sud.  Malheureusement, il est difficile pour eux de se faire connaître.  Ils doivent généralement passer par des intermédiaires et des agents qui gardent tous les profits.  Certains d’entre eux ont travaillé avec des designers célèvres et n’ont pas été compensés ou reconnus à leur juste valeur.

En avril dernier, un groupe de 10 artisans est venu à Montréal et à Toronto pour découvrir le marché canadien, visiter certaines boutiques et rencontrer des acheteurs. Je suis privilégié de pouvoir travailler sur ce projet qui génère des résultats positifs.

Comment es-tu entré dans le monde de la fibre, du crochet et du tricot?

Je suis entouré de crocheteuses et tricoteuses depuis toujours.  Ma grand-mère habitait avec nous et elle était toujours à son ouvrage. Elle a réalisé de magnifiques ouvrages pour la table et la chambre à coucher.  Nous les utilisons pour les occasions spéciales.

Je me rends compte en travaillant dans le domaine de la mode et des vêtements depuis 15 ans que je donne des directives aux personnes qui tricotent ou crochètent.  Je ne sais pas le faire moi-même, mais je comprends la laine et ce qu’on peut faire avec.

Explique un peu comment la laine est créée?

Eh bien évidemment ça commencer avec les éleveurs d’Alpagas et de Llamas en Bolivie et au Pérou.  Ce sont eux qui déterminent la classe de la fibre et qui la vendent au marché.  L’Alpaga Royal et le Bébé Llama ne sont pas des fibres ordinaires; les deux subissent un processus très précis et protégé. La sélection de la fibre se fait de façon très rigoureuse pour obtenir une laine de la qualité à laquelle les clients d’ILLIMANI sont habitués.

Ce qui est difficile c’est le choix de couleurs et que la teinture soit parfaite.  Quand je présente de nouvelles couleurs je passe beaucoup de temps à déterminer les couleurs et à travailler avec les personnes responsables de la teinture pour obtenir exactement ce que je veux.  Les nouvelles laines sont souvent en retard à cause de ce long processus.  On étudie et on recommence plusieurs fois… et à date toutes les couleurs d’ILLIMANI ont été bien reçues.   On se fait copier nos couleurs par les grands manufacturiers, donc maintenant je repousse les nouveautés à plus tard dans la saison.

Qu’est-ce qui s’en vient pour ILLIMANI?

Je veux qu’ILLIMANI continue d’être appréciée pour la qualité du produit, mais aussi pour son intégrité.

Le plus difficile sera de maintenir la collection tout en conservant le même niveau de service à la clientèle.  La bonne nouvelle c’est que les grandes chaînes comme Walmart ou Michaels ne sont pas encore dans cette partie du monde de la laine – un monde tellement extraordinaire.  Les petites boutiques sont généralement à des gens du quartier.  Les propriétaires et les gens de la communauté de crocheteuses et tricoteuses sont des gens très spéciaux qui aime se fréquenter, qui organisent des groupes et des fêtes pour passer du temps ensemble à tricoter et crocheter.

ILLIMANI présentera de nouvelles laines très bientôt, et ensuite on voudra probablement aller au-delà du Canada sans devenir ennuyeux ou froids.

Les belles laines qui sont ennuyantes cessent d’être de belles laines.

Pour en savoir plus :

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