Ressources : 3 choses détestées par les crocheteuses (partie 1)

La semaine dernière je vous ai montré une photo et posé une petite colle : de quoi allais-je donc vous parler??  Eh bien voici aujourd’hui le fameux article tant attendu – qui l’a été parce que pour ceux qui n’habitent pas Montréal, le taux d’humidité ici avoisine probablement les 764% depuis plus d’un mois.  Vous comprendrez bientôt ce que ça a à voir avec un blog de crochet!

En tant que crocheteuse j’aime plusieurs choses : mon étui bien ordonné, bourré de crochets et de petites choses utiles à ma passion; toucher de la laine même sans en acheter; feuilleter des revues et des livres de crochet; admirer les projets des autres; commencer un nouveau projet et le voir prendre forme; terminer un projet et vous le montrer… Bref, ma passion est remplie de ces petites choses agréables.

Mais elle contient aussi 3 tâches dont je me passerais.  Et je suis bien convaincue que je ne suis pas la seule & même que nos cousines tricoteuses en ont ras le bol de ces mêmes 3 choses… à savoir :

3. l’échantillon

2. rentrer les fils

1. bloquer le travail

Je reviendrai dans les semaines à venir sur les sujets 2 et 3 parce que bien que détestés, ils sont un mal nécessaire (le 2 est tout simplement inévitable; le 3 est plutôt utile, surtout si on veut se tricoter ou crocheter un vêtement qui nous ira).

Aujourd’hui je veux y aller avec le blocage.

Qui – oui – est GOSSANT – et à refaire si on lave notre item… mais qui change tout (mais là, TOUT) au look de nos mailles si belles.  À titre de preuve je soumets les 2 photos qui suivent :

Chapeau - pré-blocage
Chapeau – pré-blocage

Ci-dessus, une boule qui a tout l’air d’un cerveau réalisé en laine à bas.  Je n’ai pas de photo de cette… chose… sur une tête, mais croyez-moi : ce n’est pas joli.

Ci-dessous, la même boule mais qui a été mouillée et aplatie pour que les mailles puissent montrer leur plus beaux atours.

Chapeau - post-blocage
Chapeau – post-blocage

Beaucoup mieux, non?

Pourquoi doit-on bloquer notre ouvrage?

Le blocage uniformise les mailles et permet ‘d’ouvrir’ les motifs et points en dentelle. Quand on fait une maille au crochet on enroule essentiellement la laine autour d’elle même.  Si on multiplie cet enroulement par le nombre intense de mailles dans un ouvrage, c’est assez limpide le pourquoi du cerveau de la première photo.

De même, on bloque parfois avant d’assembler les morceaux (d’un vêtement, par exemple).  Nos points sont alors plus définis et chaque pièce a les dimensions voulues au final ce qui rend leur assemblage d’autant plus facile.

On voit souvent que la laine acrylique ne nécessite pas de blocage.  Je ne suis absolument pas d’accord.  La laine acrylique ne réagira pas exactement de la même façon, mais elle aussi réagira positivement au blocage.

Bon et on fait ça comment?

Il y a quelques méthodes différentes pour bloquer vos morceaux.  Voici les principales :

1. Vapeur

2. Séchage à plat

3. Épinglage

Dans pratiquement tous les livres de crochet vous trouverez une section sur le blocage et les techniques utilisées sont pas mal tout le temps les mêmes – le web est aussi rempli de ces techniques.  Je vais donc expliquer les 3, mais brièvement, vous laissant poursuivre vos recherches le moment venu.

Recommandations avant de commencer

Avant de bloquer votre pièce, lisez attentivement les instructions d’entretien de votre laine.  Par exemple, la vapeur et l’acrylique ça fait un beau moton de laine fondue (selon le % d’acrylique dans la laine utilisée).

Lisez aussi votre patron.  Dans celui-ci, le blocage recommandé sera peut-être (probablement; parfois) identifié.

On bloque un item humide.  Selon la délicatesse de la laine on la voudra plus (acrylique, fil à bas, laine ‘worsted/médium) ou moins (dentelle, laine mérino) humide.  On aura alors le choix entre noyer notre projet ou le poush-pousher avec un poush-poush d’eau propre.

NE TORDEZ JAMAIS LE BEL OUVRAGE SUR LEQUEL VOUS AVEZ MIS TANT D’ÉNERGIE!  Jamais!  Si vous devez submerger votre travail afin de le bloquer, je comprends; mais ON NE LE TORD PAS!  Pour sortir l’eau en trop, on dépose notre item à plat sur une serviette qu’on roule comme un sushi.

1. Blocage par la vapeur

Pour les laines plus délicates on bloquera souvent avec le fer à repasser au mode vapeur.  Donc sur la planche à repasser ou sur une surface recouverte d’une serviette, on étend notre item et on lui donne sa forme et on promène ensuite le fer à repasser au-dessus jusqu’à ce que la vapeur ait fait sécher notre création.

Attention : il ne s’agit pas de repasser notre ouvrage; on n’appuie pas le fer sur la laine ou on se retrouvera avec beaucoup de peine dans notre coeur.  Le fer devrait être à au moins 2.5cm (1 pouce) de la laine.

2. Séchage à plat

Je passe rapidement ici : vous le faites déjà si vous avez des vêtements qui ne vont pas à la sécheuse.  Prenez votre morceau assemblé & humidifié et mettez le en forme, soit sur une serviette, soit à cheval sur une rampe.  La 2e méthode est moins recommandé parce que de la laine humide c’est lourd et que votre morceau aura tendance à s’étirer en séchant.

3. Épinglage

De loin la méthode la plus détestée de toutes! Le blocage avec cette méthode est long mais il est absolument nécessaire lorsqu’on travaille avec de la laine grosseur 0 (dentelle), pour un châle par exemple, ou un item très ajouré avec des points de fantaisie complexes.  On épinglera aussi les morceaux avant leur assemblage, ce qui permettra leur séchage selon les mesures requises par le patron & facilitera de beaucoup la couture.

On aura donc besoin d’un ruban à mesurer, de plusieurs (plusieurs!) épingles à couture qui ne rouillent pas, et d’une surface dans laquelle épingler lesdites épingles. Les casse-têtes en mousse ou le lit de la chambre d’amis sont de bonnes options, bien qu’on trouve aussi dans les boutiques de laine et sur le web des panneaux exprès pour le blocage.  À vous de choisir l’outil qui vous convient et qui convient à votre budget.

Après avoir procédé comme pour l’étape deux, mais en ajoutant la dimension des mesures bien précises à l’aide de notre ruban à mesurer, on placera tout autour de notre (ou nos, selon le cas) morceau(x) des épingles qui maintiendront le tout en place.  Je laisse un minimum d’espace entre les épingles (environ 5mm entre chaque).

Ensuite on attend.  Quand c’est sec, on retire les épingles et on admire, ou on assemble et on admire.

Voilà.  Rien de bien sorcier, mais oh! comme vous apprécierez la différence de qualité des morceaux finis si vous intégrez le blocage à vos créations!

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